Revue du Web #03 Mars 2017 #ypnmag

En mars on rendra d’abord hommage à Ren Hang et on propose notre première sélection Instagram avec Eyscape magazine, Tim Hillier, Sean Ascott, Wayne Levine

 

Ren Hang, le talentueux photographe chinois de 29 ans s’est suicidé vendredi 24 février à Pékin, depuis l’appartement qu’il partageait avec son ami. La nouvelle est d’abord parue dans le NY Times et dans Libération, puis elle s’est répandue partout dans les médias spécialisés en photographie et en art contemporain. Ses images sensuelles de la rencontre entre l’homme et la nature font trembler le gouvernement chinois. Dans la photographie de Ren Hang, ces deux univers sont combinés dans une réalité surréaliste à travers une danse érotique.

Ren Hang

Ren Hang (né en 1987 à Chang Chun) est un photographe du nord-est de la Chine. Alors qu’il s’ennuie dans ses études de communication, il commence la photographie en autodidacte 2008, avec un simple appareil argentique. Avec franchise, il capture des portraits intimes d’une génération de jeunes adultes grandissant dans la Chine post-Mao. D’une manière intuitive et ludique, pourtant belle et tendre, il transforme les corps nus en objets sculpturales contre un fond vide, ou entouré par les merveilles de la nature.

Ren Hang, portrait pour Antidote, 2016

Foam, musée de la photographie situé à Amsterdam qui l’expose jusqu’au 12 mars a publié un communiqué : « Nous sommes très tristes d’apprendre la mort prématurée de Ren Hang. C’est un grand honneur pour Foam de présenter l’oeuvre exceptionnelle de Ren Hang jusqu’au 12 mars 2017. Nos pensées et nos plus sincères condoléances vont à sa famille et ses amis. »

Une autre exposition « Human Love » vient de commencer en Suède au Fotografiska museum de Stockholm.

Voici des extraits de son interview parus dans Antidote de cet hiver 2016, au sujet de ses modèles, qui étaient souvent ses amis et des amateurs recrutés sur Instagram :

 » Tous sont jeunes. Non pas que l’âge l’importe mais parce que « les mannequins jeunes sont simplement plus à l’aise avec l’idée d’être nu, plus particulièrement en Chine ». « Le sujet est sensible en République populaire où la nudité demeure taboue et souvent assimilée à la pornographie. « D’une certaine façon la Chine est très conservatrice, et très controversée d’une autre. Mais la Chine accepte de plus en plus la représentation du sexe en général, et ce depuis les années soixante-dix ».

Son site web était régulièrement censuré par les autorités chinoises, ses expositions interdites et ses séances photo sauvages interrompues. Cette censure, il s’y était habitué, assurait-t-il. Contrairement à Weiwei, Ren Hang ne souhaitait pas défier le pouvoir. Ni personne d’ailleurs:

« Je ne cherche pas à faire passer de message, je ne donne pas de nom à mes œuvres, je ne les date pas. Je ne souhaite pas leur accorder de vocabulaire. Je n’aime pas expliquer mes photos ou mon travail dans sa globalité. »

Exposé dans les plus prestigieuses et intrépides galeries, Ren Hang participait du renouveau de la scène photographique contemporaine chinoise et à son rayonnement international. Mais la photographie n’était pas son unique art. Sur son site internet, il publiait régulièrement des poèmes rédigés de sa main.

Site de Ren Hang

http://magazineantidote.com/mode/qui-est-ren-hang-le-photographe-de-the-freedom-issue/


Sélection #Instagram de Mars

L. Sarah Dubas – Série Woman

https://www.instagram.com/lsarahdubas/

Les photos de la série Woman s’approchent d’une narration ouverte. A l’intérieur d’une série, chaque photo est indépendante des autres tout en étant en lien dans une construction libre. Sans volonté d’imposer une histoire, elle laisse le regardeur interagir  avec son propre imaginaire.

L. Sarah Dubas, Woman

L. Sarah Dubas, Woman

Eyescape

https://www.instagram.com/eyescapefragments/

Collecting fragments of the EYESCAPE MAGAZINE’s features. Every month a different piece is added to the puzzle offering new connections and visions. eyescapemagazine.tumblr.com

Timothy Hillier

https://www.instagram.com/tshillier/

http://www.timothyhillier.com/

Tim Hillier, basé à Melbourne, prend des photos de la jeunesse aborigène depuis une dizaine d’années. Il réalise aussi des petits films des skateborders sans se prendre au sérieux au début. Il a depuis 2005 lancé le projet Indigenous Hip Hop Projects (IHHP) qui rassemble les communautés aborigènes autour de la musique, de la danse et des médias.

Ses photographies de paysages australiens font écho aux Dreamland des aborigènes. Un « pays des rêves » magnifié par les effets optiques de ses caméras

En réponse au déluge de photographies en ligne d’une banalité affligeantes, Tim Hillier a commencé à prendre des photos de rien. Utilisant les mêmes caméras – maintenant plus de dix ans et avec des lentilles rayées et des fuites légères – il a commencé à filmer des bandes de ciel expansif, vide. 

«C’est une réaction contre la prolifération de la photographie, même si j’aime la photographie» dit Hillier.

Au lieu de cela, avec leurs bandes de couleur de bloc et de texture plate, les impressions dans le modèle de maintien ont plus en commun avec la peinture de champ de couleur. «J’avais une caméra cassée qui fuyait toujours la lumière, créant une ligne rouge à travers elle qui a fait tout ressembler à une peinture Rothko. »

Interview dans Vice

Tim Hillier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sean Ascott

@seanascott

Sean photographie des femmes. Leurs corps, leurs regards, leurs cheveux, leurs courbes… Il nous montre la beauté, telle qu’il se la représente et telle qu’elle le bouleverse. Une beauté qui réside aussi dans l’unité complice des jeunes femmes qu’il réunit sur la même photo. Leurs différences composent le visage d’une même génération.

Sean Ascott, When will you be home

Sean Ascott

 Wayne Levin

https://www.instagram.com/waynelevinimages/

Les photographies époustouflantes de Wayne Levin sont particulières. Explorateur des fonds marins, il nous rapporte des clichés à l’esthétique surprenante. Wayne isole ses sujets dans une épaisseur grave, lumineuse et pleine de mouvement. Le noir et blanc renforce la grâce des profondeurs. Devant son objectif, l’homme et l’animal deviennent des créatures fantastiques et fragiles.

Wayne Levin