Jeunes générations Portfolio 2 #04

Guillaume HerbautLola ReboudAlexandra PouzetPablo Boquedano, Night clubs, Cnap 2017Guillaume HerbautChimène DeunneulinClaude DouryGabrielle DuplanteurStephane Lavoué, Malwen la Reine des Brodeuses Cnap 2016Lola ReboudMarie-Noëlle Boutin, Territoires de jeunesse, Baptiste, Cnap 2017Alexandra Pouzet

Pour ce nouveau numéro d’avril, Young Photography Now! publie dans sa Galerie les Portfolios de la commande photographique publique « Jeunes générations » – CNAP – CéTàVOIR des 15 photographes lauréats, actuellement exposés dans 8 lieux en France. YP! Magazine en a interviewé cinq d’entre eux pour accompagner leurs images et expliquer leurs démarches auprès des jeunes sur ce projet de photographie documentaire exceptionnel. Retrouvez ici les focus sur Lola Reboud, Guillaume Herbaut, Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino.

Centre National des Arts Plastique – CNAP, « Jeunes générations

CéTàVoir       Page Facebook CéTàVoir

CACP-Villa Pérochon FB

L’exposition sera visible au CACP-Villa Pérochon Niort (86) du 07 avril jusqu’au 13 mai 2017

du mercredi au samedi de 13h30 à 18h30
Ouvertures exceptionnelles les dimanches 26 mars et 9 avril 13h30 à 18h30

PORTFOLIOS 2 « JEUNES GENERATIONS »

INTERVIEWS

Lola REBOUD « 180 km après la mer, 2017 »

En Corse la relation au territoire, cernée par la mer et les montagnes est omniprésente. Adolescents, étudiants, jeunes travailleurs sont nombreux à quitter la ville pour rentrer « au village » à la fin de la semaine. Ils sont alors dans leur paysage naturel. Pendant les parties de chasses, moments d’amitiés fortes, ou sur leurs lieux de rendez-vous amoureux.
www.lolareboud.com

Lola Reboud, Deux jeunes filles, Tamarone, janvier 2017

YP! Magazine : Comment avez vous monté votre projet de série « 180 km après la mer » ?

Lola Reboud: Le projet avait été pensé et écrit bien avant l’appel à candidature. Avant de partir, j’avais défini les lieux de prise de vue, le Cap et la Castagniccia, des lieux familiers de part mes origines Corses. Ces paysages, de mer et de montagne rythment la vie des insulaires, qui vivent à 180 km du continent.

– Comment avez vous travaillé avec les jeunes?

L. R.: Dans le Cap Corse, j’ai d’abord passé un temps d’immersion avec des jeunes âgés entre 15 et 25 ans : La jeune fille endormie, les chasseurs, l’homme à la voiture…

J’ai rencontré ces personnages, dans le bar du village, des lieux connus et issus de ma propre adolescence. Nous avons déterminé ensemble les lieux des prises de vue et notre décision s’est portée sur la nature, paysage omniprésent en Corse, et dans lequel j’ai eu envie de faire cohabiter le quotidien de ces jeunes avec mes propres souvenirs.

Nous avons ensuite recrée des mises en situation à partir du réel. (…)

Antonia, la jeune fille au cheval, est issue de Castagniccia, un village de montagne, différent de celui du Cap, plus escarpé et loin de la mer. Cette année, Antonia prépare le bac dans un lycée agricole de Bastia. Elle rentre chez ses parents chaque week-end et prend soin de ses chevaux. Cet hiver, il a beaucoup neigé et nous nous sommes retrouvées isolées plus d’une semaine dans la maison familiale, avec Antonia, sa famille, ses chevaux, et moi. Elle est devenue naturellement le personnage central de ce projet. Pour autant, je n’ai pas cherché à tout documenter de ce quotidien passé avec elle. J’avais en tête à cette phrase de Luc Delahaye:

« Le document tend vers l’imaginaire, la fiction tend vers le réel ». Tout part du réel, rien n’est pris sur le vif.

Comme par exemple cette photo où elle pose presque amoureusement avec son cheval, qui donne cette impression surannée de poster affichée dans sa chambre de jeune fille. Néanmoins, celle où elle pose sur son cheval au milieu des bois, je l’avais déjà imaginé et envisagé avant même de partir…

– Que pensez-vous de la jeunesse en France et quel message souhaitez vous faire passer dans votre série?

L. R.: La richesse de cette commande photographique c’est aussi que nous sommes 15 photographes, 15 regards posés sur 15 territoires faits d’une jeunesse aux multiples individualités. Si tous les jeunes, et moins jeunes passent effectivement énormément de temps connectés sur les réseaux sociaux, sortent en ville le soir, consomment, en Corse ils portent une attention toute particulière à leur territoire, aux éléments naturels qui les entourent et dans lesquels ils ont grandi -leur matrice-

– Qu’est ce que la photographie peut apporter aux jeunes?

L. R.: La jeunesse d’aujourd’hui utilise quotidiennement les outils photographiques à leur disposition via des applications telles que Snapchat, Instagram, etc. avec lesquels ils donnent à partager tous les moments de leur vie.

« Mais au fond, regardent-ils vraiment ce qu’ils photographient ? En ce sens, des associations telles que Diaphane, La fabrique du regard… font un excellent travail d’éducation à l’image. »

Lola Reboud, La chasse (allégorie I), décembre 2016

Lola Reboud, Sans titre, (Stoppia Nova), janvier 2017

– Que pensez vous de la situation de la photographie documentaire en France ?

L. R.: Elle est très riche et foisonnante: Il y a de très beaux projets, et de très bons photographes, des livres et des mises en exposition innovantes. L’exposition de Stéphane Duroy en ce moment au Bal en est un exemple, la galerie Temple aussi, et il n’y pas que Paris ! La résidence d’artistes montée par Rita Scaglia et Pascal Dolémieux, en Corse participe de ce foisonnement.

– Qu’est ce qui pourrait être amélioré ?

« Il serait nécessaire de reconsidérer le statut des nos métiers d’indépendants, photographes artistes. »

Cette faiblesse liée à notre couverture sociale nous nous permettant pas toujours de vivre pleinement de notre métier.

– Est-ce que l’avenir et l’alternative pour les jeunes photographes sont la publication presse, l’exposition et la vente en ligne par les biais des nouvelles plateformes comme Hans Lucas dont vous êtes membre ?

L. R.: Hans Lucas est une communauté de photographes. Pour autant je ne pense pas que ce soit une alternative économique. Wilfrid Estève a mis en place une plateforme qui permet une visibilité, un terrain d’échanges entre photographes qui ont des pratiques très variées, allant du reportage traditionnels aux formes documentaires les plus innovantes mises sur un même réseau. Ce qui importe c’est que les projets photographiques dans lesquels nous nous engageons continuent d’être soutenue par des réseaux professionnels, qui aiment avant tout la photographie.

 


Guillaume HERBAUT « Série Geek2, des supers héros en Picardie »

Picardie. Une web série tournée par des jeunes se bat contre les clichés. A Tergnier, ville sinistrée, touchée de plein fouet par la crise, une association, les GEEKS2, lutte contre l’exclusion et le décrochage scolaire en s’appuyant sur le tournage d’une web série déjantée. Ils sont les héritiers de l’esprit ouvrier et cheminot basé sur la solidarité. Ils font le lien entre une époque industrielle révolue et l’ère des nouveaux médias, entre la culture des fêtes populaires et la culture manga.
www.guillaume-herbaut.com

YP! Magazine : Comment avez vous monté votre projet de série « Geek²  : Des super héros en Picardie »?

Guillaume Herbaut: Le projet est né bien avant, cela a commencé par une résidence d’artiste il y a deux ans à Tergnier en Picardie qui s’appelait « Mémoire des cheminots ». L’association Geek 2 est une belle initiative de réinsertion pour les personnes en échec scolaire. Le projet de faire un nouveau travail pour la commande du Ministère de la Culture a été l’occasion de travailler à nouveau avec eux. Il s’agissait de pousser l’acte photographique en intégrant leur environnement et les jeunes eux-mêmes dans de vraies conditions de tournage. J’ai réalisé un cahier de styles avec des références dans la fiction, les mangas, et le responsable Cédric Carlier était partant.

Guillaume Herbaut, Geek2, Cnap 2017

– Comment avez vous travaillé avec les jeunes? Qu’est ce que la photographie apporte aux jeunes?

G. H.: On est entre le documentaire et la fiction, c’est très important. Les jeunes ont choisi leurs vêtements, souvent ceux qu’ils portent tous les jours tels qu’ils sont et j’ai réalisé la mise en forme. Nous avons travaillé en amont avec un cahier de style que j’ai proposé, puis dont nous avons discuté ensemble pour nous mettre d’accord et de leurs motivations, c’était autour de Noël pendant cinq jours. Nous avons mis en place des scènes toute la journée. Lors des jours de tournage, il y a eu une prise de conscience de la part des jeunes sur les moyens professionnels utilisés. 

« Ce qui est important c’est d’apporter un regard extérieur sur eux, qui les valorise, cela permet de lier plein de choses de la photographie sociale, c’est un bénéfice direct pour eux. »

Guillaume Herbaut, Geek2 des super héros en Picardie, Cnap 2017

« Ils m’ont aussi appris quelque chose: on pense souvent faire de la photographie pour changer le monde, mais en faisant de la photographie et de la vidéo on se change d’abord soi-même et son univers. »

– Que pensez-vous de la jeunesse en France et quel message souhaitez vous faire passer dans votre série?

G. H.: J’ai beaucoup d’espoir. Il faudrait l’écouter beaucoup plus, lui faire confiance. C’est toujours formidable de travailler avec des adolescents et des jeunes, il faudrait leur faire plus de place. Pour le message c’est comment une jeunesse oubliée, vivant à 1h30 de Paris, c’est tout près, qui galère, qui rencontre des problèmes de formation, d’insertion, arrive tout de même à garder espoir, à être solidaire et à être ensemble. Il faut créer des liens entre les générations et ce projet a été formidable pour la transmission de savoirs faire et de métiers. L’un d’entre eux, Guillaume, veux travailler dans le spectacle et la lumière.

– Que pensez vous de la situation de la photographie documentaire en France ?

G. H.: Il y a encore une économie liée au papier, des circuits traditionnels (presse, expositions) dont il ne faut pas se désengager. L’économie liée à Internet reste encore anecdotique.

– Qu’est ce qui pourrait être amélioré ?

G. H.: Il faudrait continuer à documenter la France avec des soutiens de l’État. Les années 1990-2000 sont très peu documentées, c’est dommage. Je suis plutôt inquiet par rapport aux nouvelles élections présidentielles en France, je me demande s’il y aura toujours des budgets pour ce genre de projets.

 


Alexandra POUZET et Bruno ALMOSNINO  « Ça me regarde » janvier 2017, Quercy »

Ça me regarde est une enquête artistique sur plusieurs expressions de jeunesses en monde rural, en Quercy et Rouergue (départements du Lot et de l’Aveyron). Médecin, chasseurs à l’arc, créatrice textile, jeunes parents, collégiens, agriculteur bio, capitaine de soirée, réfléchissent la condition d’être jeune ici : la façon dont ils sont vus, ce qui les regarde, là où ils regardent. Comment te montres-tu concerné ? Après des entretiens en particulier, ils sont venus avec un objet représentant leur avenir pour un portrait en intérieur. Que voit-on, que donne t-on à voir de ta jeunesse ? On tente de te classer ? Conduis-nous dans un lieu où tu aimes te soustraire, faire le point, avec le paysage, ou passer le temps. Paysans, néo-ruraux, citadins, nés quelque part, habitants d’un environnement remarquable, les personnes rencontrées ont bifurqué, continuent autrement ce qu’elles ont appris, insistent, doutent, ont souci du style, attendent de voir. Jeunes d’un monde qui vient avec son régime climatique. Modes nouveaux sous le soleil ?

Mettant en commun leur goût pour les situations d’enquêtes, en art et en sciences sociales, Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino questionnent, depuis le Lot où ils vivent, les relations entre humains et paysages, des esthétiques contemporaines en milieu rural, des explorations, des gestes de rêve ou d’habitudes qui installent. Croisant les savoir-regarder et les savoir-faire, interrogeant l’image photographique et le statut du texte, les doutes et les certitudes devant le monde qui vient, qui est là. Ils viennent de l’anthropologie, des lettres modernes, de la parole portée en radio associative ou en salle de classe, des cours du soir aux beaux-arts, des narrations, des fables, d’Algérie.

Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino, ça me regarde #1, Cnap 2017

YP! Magazine : Comment avez vous monté votre projet de série « ça me regarde » dans le Quercy? 

A. Pouzet et B. Almosnino: Le projet a dû être monté très vite puisque nous disposions de deux mois pour le réaliser. L’été 2016, nous réalisons Points de vue, une enquête à partir de l’impact de paysages dits remarquables sur les pratiques et esthétiques contemporaines de jeunes trentenaires en milieu rural, dans le Lot et l’Aveyron. Ça me regarde pourrait en être une suite puisque nous avons travaillé dans le même périmètre en opérant un glissement depuis la question du paysage jusqu’à celle de l’environnement. À un moment où se discute la possibilité de dater une nouvelle ère dans l’histoire géologique de la planète, l’anthropocène, avec toutes ces hypothèques sur l’avenir, il y avait comme une évidence à interroger la jeunesse dans cette perspective : qu’est-ce qui te regarde ? Par quoi te sens-tu concerné ? Quels sont tes gestes face au monde qui vient ? Quels sont tes modes d’agir et de consommer sous ce soleil ? Toi qui réfléchis la lumière. Nous sommes allés vers de jeunes personnes représentant des pratiques dont nous dépendons ou allons dépendre au quotidien (nous-mêmes résidons dans le Lot) pour se soigner, se nourrir, consommer : médecin, agriculteur, chasseurs ou une créatrice de vêtements, par exemple. Nous nous sommes rapprochés de personnes qui nous touchent dans leur manière d’être ou de faire, où dont nous étions curieux. Nous avons passé une journée installés dans un studio au collège de Cajarc avec les élèves de 3ème.

– Comment avez vous travaillé avec les jeunes ?

D’abord, par un entretien individuel autour de questions que nous avions déterminées en amont de la rencontre. Ensuite nous leur avons demandé, à l’issue de cette discussion, de réfléchir à un objet représentant leur avenir pour qu’ils s’en munissent lors d’un prochain rendez-vous afin de réaliser un portrait studio. Nous leur avons également demandé de réfléchir à un lieu où ils aiment faire le point pour un deuxième portrait in situ. Enfin, pour certains, nous avons échangé sur la restitution de leurs mots avant de finaliser les textes.

– Que pensez-vous de la jeunesse en France et quel message souhaitez vous faire passer dans votre série?

Nous ne pensons pas la jeunesse, nous la vivons ! Disons qu’il ne s’agissait pas de penser une catégorie, mais de demander à des gens ce qu’ils ont à dire et à montrer en tant que candidat à la jeunesse. Y compris même quand jeune signifie pour eux davantage le passage d’un état à un autre plutôt qu’un présent simple.

Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino, ça me regarde #3, Cnap 2017

– Qu’est ce que la photographie et l’artiste peut apporter aux jeunes ?

C’est un échange permanent. La plupart des gens pratiquent la photographie et bien souvent de façon régulière. Parfois même plus que les photographes professionnels. Elle est devenue une sorte d’écriture automatique et participe largement, à bien des égards, d’une esthétique du quotidien. Nous tentons les uns comme les autres de dire notre présence au monde avec les outils que nous avons à portée de main et ces outils nous font faire des gestes. Alors oui ces outils ne sont que rarement des appareils argentiques moyen format. Et oui, avec les changements d’outils, une certaine photographie s’est raréfiée, a disparu même, comme celle de Bernard Faucon. Le rapport au temps, à la fabrication des images, à la construction du récit, à l’espace poétique est différent. Les images inondent notre vie, elles nous submergent, leur sens échappe, mais avant d’être subies, elles sont agies par des millions de personnes chaque jour.

Les artistes se nourrissent de ce foisonnement et tentent de réfléchir à ce que cet océan de désirs de raconter, et de tout dire en images, signifie. Tous les artistes travaillent avec ce flux d’images en arrière-plan. L’artiste n’est pas le seul détenteur de compétences. Nous ne pouvons pas jouer aux aveugles et ignorer l’ébranlement de la photographie et de ceux qui l’investissent chaque jour.

« Être ébranlé est nécessaire. C’est l’opportunité d’interroger le médium en creux, de réfléchir à son statut, à ses enjeux et pouvoirs. D’introduire du sens là où il manquerait. De regarder ailleurs que là où l’on veut nous emmener. »

– Quel est l’avenir et l’alternative pour les jeunes photographes : la publication presse papier/ en ligne, l’exposition et/ou la vente en ligne par les biais des nouvelles plateformes (comme Hans Lucas par exemple) ?

Trouver son économie, c’est avant tout trouver son écologie.

– Que pensez vous de la situation de la photographie documentaire en France ? Qu’est ce qui pourrait être amélioré ?

Un travail documentaire est un travail nécessairement documenté qui ne peut s’élaborer dans un temps réduit. Les auteurs ont besoin de temps pour investiguer, penser, créer. La photographie documentaire est un peu à l’étroit. Pas partout. Elle ne demande qu’à s’ouvrir encore plus à d’autres disciplines.

Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino, ça me regarde #9, Cnap 2017

« Documenter l’humain, ce n’est pas que faire rapport et seulement constater, c’est aussi interpréter, fabuler, rêver. Ce n’est pas décrire le monde mais la composition des mondes qui coexistent et rivalisent sur le même sol dont ils dépendent. » Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino

 


Pablo Boquedano, Night clubs, Cnap 2017

Pablo BAQUEDANO « Nightclubs »

Que font les jeunes quand leurs campagnes s’endorment ? Ils font comme leurs compatriotes des villes, ils sortent en boîte, ils se retrouvent au Coco Loco ou à La Nuba. Toutes ces discothèques un peu désuètes survivent pour leur donner un lieu où se réunir et passer une bonne soirée entre amis, histoire de faire un peu de bruit au sein de territoires parfois un peu (trop) assoupis.
www.pablobaquedano.fr

 

 

 

 

Stephane Lavoué, Malwen la Reine des Brodeuses Cnap 2016

Stéphane LAVOUÉ  « Leur choix, une jeunesse bigoudène »

Alors que tout le monde déplore que le pays bigouden (la pointe sud ouest du Finistère) se vide des ses jeunes, certains d’entre eux décident de rester. Par choix. Ce choix, fort, courageux et alternatif, est motivé par leur attachement viscéral à ce bout de terre, battu par les vents et les vagues. Ils refusent de rejoindre les villes, où rien ne les rattache et veulent garder le contact avec l’océan. Cette jeunesse déterminée, ces jeunes marins pêcheurs, forgerons, charpentiers, jeunes ouvriers et ouvrières de criée, fileteuses de conserveries, ont décidé de vivre ici.
www.stephanelavoue.fr

 

 

 

 

 

Klavdij Sluban, Jeunesse invisible, Cnap 2017

Klavdij SLUBAN « La jeunesse invisible »

Titre de l’œuvre : Centre des Jeunes Détenus de Fleury-Mérogis
En entrant dans la cellule, il faut un long moment pour s’habituer à la pénombre, distinguer les contours, puis les formes et enfin le jeune homme couché habillé sur le lit. Les fenêtres cruciformes si typiques au Centre des jeunes détenus de Fleury-Mérogis sont obstruées avec tissus, draps, emballages déchiquetés avec rage afin d‘empêcher la lumière extérieure d’inonder ce que les jeunes détenus appellent désormais leur « grotte ».
www.sluban.com