Pour bien démarrer l’été, en plus de la publication de son Portfolio sur ses paysages cinématographiques, YP! magazine a interviewé MICKY CLEMENT, l’invité de ce mois de juillet 2017. Artiste musicien, vidéaste, devenu photographe il y a 6 ans, il multiplie les supports pour donner libre court à son imaginaire et au style léché ou en mouvement de ses images. On est touché, mis en mouvement justement. La photographie, selon lui, offre le « luxe » d’une autonomie totale dans l’acte créatif par une solitude recherchée, désirée, une liberté d’action totale. C’est en fait un auteur libre qui n’a pas envie de rentrer dans des carcans, un libre penseur et créateur, se nourrissant des multiples sens de l’art et de ses multiples formes. Ce sont cette liberté d’action, de mise en mouvement, d’inspiration, de créations, qui font l’originalité de Micky Clément. C’est cette liberté d’expression et de style que nous aimons aussi, pour l’invitation qu’il nous donne à nous émouvoir.

Micky Clément, Waiting Period, Galerie Derouillon 2016

« À travers l’expression photographique j’ai trouvé « l’outil »   qui me permet de créer seul. La photo offre ce luxe de pouvoir (dans l’acte créatif) mener un projet sans avoir besoin de personne; d’être aux commandes de l’œuvre en cour de façon totalement autonome. »
– Pourquoi faites vous de la photographie ?
J’ai commencé la photographie il y a 6 ans un peu par hasard.
Après des études de théâtre au conservatoire national de Paris et dix années de musique, j’avais envie d’un rapport à l’art et à la création plus solitaire. À travers l’expression photographique j’ai trouvé « l’outil »   qui me permet de créer seul. La photo offre ce luxe de pouvoir (dans l’acte créatif) mener un projet sans avoir besoin de personne; d’être aux commandes de l’œuvre en cour de façon totalement autonome. Après, tout ce qu’il y a autour d’ordre professionnel et commercial, c’est une autre histoire où là, j’aime me reconnecter au monde et aux gens.
-Quels sont vos thèmes ou sujets de prédilection? 
Je ne sais pas si j’en ai vraiment. Ce que j’aime avant tout c’est me mettre dans un état spécial, durant un temps donné et dans un lieu défini. À la rigueur, peu importe le lieu, si je vais sur une île, dans une grande ville, ou si je passe une semaine dans une cage d’escalier , ce qui m’intéresse c’est le challenge de l’histoire que je vais pouvoir raconter avec ce que j’ai à disposition.

Micky Clément, Waiting Period, Galerie Derouillon 2016

« Ce qui m’intéresse c’est le challenge de l’histoire que je vais pouvoir raconter avec ce que j’ai à disposition. »
– Quelle cameras utilisez vous ? Relfex, smartphone, chambre noire, polaroid ? Laquelle préférez vous et pourquoi ?
J’ai plusieurs appareils photos Reflex, mais pour en avoir essayé beaucoup, je reviens toujours à mon premier appareil photo, un Panasonic Hybride. C’est une caméra « amateur », loin des performances techniques qu’offrent beaucoup d’autres numériques aujourd’hui, mais j’adore ses imperfections, je joue beaucoup de ses défauts.
J’aime bien casser le côté quasi « parfait » technique que procure la nouvel technologie, je pense qu’une certaine forme d’art photographique doit aller chercher l’émotion et l’esthétique ailleurs, plus en profondeur et pour ça n’importe quel appareil photo fait l’affaire.
– Comment choisissez vous vos modèles ? Qui sont-ils et pourquoi ce choix ?
L’essentiel de mon travail se fait sans modèles.
Les rares fois où je travaille avec des modèles ce sont pour des commandes de pochette d’album ( Benjamin Clementine, Jeanne Cherhal, Emily Loizeau), dans ces cas précis, je n’ai pas vraiment le choix du modèle … mais j’accepte la commande parce que j’aime leur travail;  le modèle est toujours parfait dans ce cas là.

 

Micky Clément, Benjamain Clementine chanteur.

 « Je suis arrivé dans ce monde de la photo sans trop le vouloir au départ, aujourd’hui j’en suis très heureux; mais du coup le fait de ne pas avoir vraiment cherché à être dans ces milieux, font que j’ai un certain recul avec le monde de l’art et celui de la photographie. »
– Qu’est ce que vous aimeriez faire pour améliorer la situation de l’art et de la photographie ?
Rien.  Je suis arrivé dans ce monde de la photo sans trop le vouloir au départ, aujourd’hui j’en suis très heureux; mais du coup le fait de ne pas avoir vraiment cherché à être dans ces milieux, font que j’ai un certain recul avec le monde de l’art et celui de la photographie.
J’accepte les règles de ceux qui les font et qui les gèrent aujourd’hui, ( photo de presse, photo pour la musique, art contemporain, commandes publicitaires…),
Je joue avec ça tant qu’on demande mon travail, le jour où ça s’arrête, je changerai de terrain de jeu pour faire autre chose.
C’est peut être un peu égotiste et « plat »  mais je ne suis pas très militant en règle général, certain sujet comme l’art ou la photographie, me concernant, ne me semble pas indispensable à révolutionner. J’aime bien mon rôle d’acteur passif là dedans.
– Quels sont les réseaux qui fonctionnent bien selon vous : les galeries, les musées, les foires, les festivals ?
Je vis essentiellement grâce à mon travail de galerie, je dirai donc que le réseau galeries est for-mi-dable !

Micky Clément, Landscapes, Galerie Derouillon 2015

– Que pensez vous des réseaux sociaux, plateformes et revues en ligne ? Ces nouveaux réseaux vous aident-ils à vous faire connaître ?
C’est une toile et une chaîne indispensable.
Après, c’est un système qui peut vite devenir « fatiguant » : ça demande un rythme de contenus pas toujours en adéquation avec le temps de la création. Si ça ne tenait qu’à moi je posterai une photo par an, je pense qu’à ce rythme on m’oublierait vite.
– Quels sont vos prochains projets ?
Ma prochaine exposition à la Galerie Derouillon, en janvier 2018.
Je suis partie sur une île pour réaliser la série il y a quelques semaines …
– Quelle est ta devise ?
J’ai un livre qui me fait office de devise:
« éloge de la fuite » de Henri Laborit

Micky Clément, Waiting Period, Galerie Derouillon 2016